Tout jeune a du potentiel et des talents à révéler. Comment les accompagner, et les pousser à donner le meilleur d’eux-mêmes ? Dans quel type de structure, dans quel genre d’opérations peuvent-ils s’épanouir ? Nous sommes allés poser la question à Nicolas Breton, Responsable de l’antenne Unis-Cité Lille Métropole, une association qui propose à tout jeune de 16 à 25 ans de consacrer une étape de sa vie à la solidarité à travers un service civique.

Vous côtoyez au quotidien des jeunes de tous horizons. Quel est votre constat ?

Dans le cadre de mon métier, j’ai été amené à faire plusieurs constats : pas de cadre d’engagement pour les jeunes souhaitant exprimer leur solidarité, un manque de brassage social et une mauvaise image de la jeunesse. A son niveau, Unis-Cité a cherché à répondre à ce constat en créant un service civique, sous forme d’une mission d’intérêt générale de 8 mois. Le but : permettre à chaque jeune de 16 à 25 ans qui le souhaite de consacrer une étape de leur vie à la solidarité. A la clé, une mission sur des thématiques telles que l’isolement des personnes âgées, le handicap, l’environnement, la santé ou encore l’éducation à la citoyenneté.

Qui sont ces jeunes qui s’engagent ?

Il existe autant de profils que de projets, et je pense qu’il est essentiel de s’adresser à tout le monde. Cependant, on peut noter deux à trois logiques d’engagement. Par exemple des jeunes de 16/ 18 ans, en dehors du système scolaire, qui viennent se restructurer et retrouver un rythme. Cela peut également être des jeunes diplômés - souvent d’ailleurs dans le secteur sanitaire et social - et qui hésitent encore sur le public auprès duquel ils souhaitent travailler. Ils peuvent avec nous avoir une expérience supplémentaire et mettre en pratique les connaissances théoriques acquises en formation. Enfin, nous avons des jeunes très diplômés qui viennent se confronter à la réalité du terrain, dans une logique de se sentir utile et d’être utile aux autres.

Selon vous, quelle est la force des jeunes que vous rencontrez ?

Je dirai peut-être leur spontanéité. Ces jeunes ne sont pas encore dans la vie active, ils ne sont pas non plus dans une posture institutionnelle comme pourrait l’être des professionnels. C’est ce qui fait leur force.

En quoi ce type de démarche peut-il aider un jeune ?

En créant ce cadre d’engagement, nous cherchons à recréer de la mixité, et à permettre à des jeunes de différents horizons de se rencontrer et de travailler ensemble. L’enjeu : que cet engagement soit autant utile à la société qu’aux jeunes. Plus de 10 000 jeunes sont déjà passés en service civique, dans une cinquantaine de villes en France. Depuis 2010, une loi reconnaît le statut de volontaire au service civique, ce qui est bien sur une reconnaissance importante pour nous. Cela montre bien que les jeunes représentent l’avenir.

Nous ne sommes pas un dispositif d’insertion, et pourtant le service civique constitue un vrai tremplin pour l’emploi. Chaque année, nous menons une étude d’impact auprès de nos jeunes volontaires, en lien avec une sociologue du CNRS. Cela nous permet de mesurer concrètement les effets bénéfiques de l’engagement de ces jeunes sur leur employabilité et le retour à la formation. Et les chiffres sont là : alors qu’à leur arrivée, 50% des jeunes sont demandeurs d’emploi, 6 mois après le service civique, 80% des jeunes ont trouvé un emploi ou sont en formation.

Que peut-on proposer « en plus » à ces jeunes pour les encourager dans leur démarche ?

Nous pouvons leur mettre « le pied à l’étrier » pour leur insuffler l’esprit entrepreneurial. Historiquement, Unis-Cité proposait aux jeunes de s’engager sur des projets déjà montés, que ce soit des interventions en école pour sensibiliser les enfants à la citoyenneté, une sensibilisation de familles aux économies d’énergie, des visites à des personnes âgées isolées… Mais régulièrement, les jeunes ne se retrouvaient pas dans les projets proposés, ou venait avec leur propre idée. Nous avons donc développé un nouveau programme, intitulé « Rêve et Réalise », à travers lequel nous les accompagnons à la réalisation de leur propre projet de solidarité, favorisant ainsi l’esprit d’initiative et d’entrepreneuriat auprès des jeunes. Il s’agit d’un véritable tremplin vers l’entrepreneuriat.

Source: La suite dans les idées

Plus d'informations: www.uniscite.fr/antenne/lille/