Quand on enseigne l’éco-gestion à des filières techniques, on a le choix entre s’en tenir au programme classique en suivant les règles du « faire savoir » ou  suivre le cours obligatoire et y ajouter un soupçon de créativité en insufflant par exemple le goût d’entreprendre à ses élèves. Vanina Védrune, prof au lycée Mariette à Boulogne-sur-Mer, a choisi la deuxième option depuis 2010 et ne s’attendait pas à un tel succès.

Vanina Védrune a contracté le virus de l’esprit « entrepreneuriat » depuis 5 ans et n’entend pas entamer de thérapie. Cette enseignante d’éco-gestion cherchait un moyen d’impliquer plus encore ses élèves dans la réalité de la vie professionnelle et du marché de l’emploi  et a trouvé depuis 2010 son crédo : développer l’esprit d’initiative, encourager l’ambition et donner le goût de la création d’entreprise aux élèves dès le lycée.

" Les élèves aiment ça, c'est un vrai carton "

Cette prof d’éco-gestion, spécialisée dans la filière STMG (Sciences technologiques de management et de gestion), a lancé, en partenariat avec la BGE Littoral Opale, pour ses classes de seconde, première, terminale et BTS du lycée Mariette de Boulogne-sur-Mer, une série d’actions, jeux et options pour sensibiliser les élèves à l’esprit d’entreprendre. Le succès a tout de suite été au rendez-vous. « Pour les classes de première, nous avons fait cela sous forme d’un jeu-concours  baptisé « Je Gère », explique Vanina Védrune. Il s’agit d’un jeu de plateforme un peu comme un jeu vidéo qui consiste à démarrer une entreprise, lui trouver une identité, une stratégie puis de la faire virtuellement fructifier pendant trois ans. Si les élèves aiment ça ? Oui, c’est un vrai carton ».

A telle enseigne que l’enseignante a depuis 2010 dû multiplier considérablement ce genre d’initiatives et a dressé un véritable plan de sensibilisation à l’entrepreneuriat. Désormais, des élèves de son lycée participent au Festival de l'Initiative et remportent même des prix.

" Des vocations naissent grâce à ce programme "

« Dans ces filières technologiques, ces actions sont très positivement perçues et les élèves en redemandent. Ces simulations de création d’entreprise constituent un vrai point de départ dans leurs idées, une vraie première mise en bouche. Ce qui leur plaît, c’est de s’imaginer être leur propre patron. C’est une notion qui leur parle vraiment », poursuit l’enseignante. Vanina Védrune estime que l’Education Nationale devrait inscrire dans le dur des programmes de l’enseignement de vrais parcours de découverte de l’esprit d’entreprendre, et ce même dans les filières générales.

A Boulogne-sur-Mer, la prof n’a pas attendu et a mis en place en plus pour les terminales et BTS un module « Parcours d’entrepreneur » qui consiste à faire intervenir en classe des patrons qui parlent de leurs débuts, leurs difficultés et leur succès. « Certains, détaille Vanina Védrune, n’ont pas des parcours classiques et expliquent qu’ils n’ont pas fait de longues études. Cela a au moins le mérite de dire que c’est possible. Cela brise certains complexes ».
Rien que de la théorie ce programme ? Pas vraiment, car Vanina Védrune en est persuadée : des vocations naissent grâce à ce programme. Parfois au sein du lycée même puisqu’un système de recyclage de papiers permet au lycée Mariette de produire ses propres blocs de feuilles pour les revendre et reverser ensuite les fonds à des caisses de micro-crédits engagés dans l’ESS (Economie Sociale et Solidaire). Et parfois  à l’extérieur, une fois le diplôme en poche.

Vanina Védrune pense notamment à un de ses anciens élèves qui a lancé en tant qu’auto-entrepreneur un site de vente de vêtements. Trêve de défaitisme, donner envie, ça marche. 

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