Il peut y avoir une similitude entre entrepreneuriat et le volontariat.

Monter son projet, communiquer, chercher les financements, sont autant d'étapes incontournables qu'a connues Raoul Robert, jeune urbaniste qui s'est lancé dans l'aventure pour créer une association avec d’autres jeunes professionnels.

Vers plus d'autonomie

L'idée de créer une association est venue assez naturellement : « J'ai terminé mon master d'urbanisme à Lille 1, et pendant ce cursus je me suis beaucoup intéressé aux villes des pays en développement », explique le jeune homme. Il a notamment effectué un stage à Buenos Aires, dans une association de travailleurs pratiquant une auto-construction écologique et solidaire de leurs logements, puis un autre stage en Bolivie, pour une ONG qui faisait de la construction d'urgence afin de remplacer de l’habitat précaire. Puis, une dernière année d’études à l’École d’Urbanisme de Paris et un troisième stage aux Philippines à Tacloban, ville détruite par un typhon, a finalement été l'occasion de se lancer dans le monde associatif.

« Nous souhaitions créer une structure associative faisant confiance et donnant des responsabilités à des jeunes professionnels tels que nous, à la différence de certaines grandes structures préexistantes. Nous souhaitions aussi développer une approche transversale des problématiques du développement à l’international, sans se spécialiser dans un unique domaine, comme beaucoup d’ONG le font », raconte Raoul Robert. Ainsi, en mars 2015, avec  une quinzaine d’amis juristes, ingénieurs, urbanistes, sociologues… Raoul créé à Lille l'ONG SEED (Solidarity, Equity, Empowerment & Development » au moment de partir plusieurs mois aux Philippines. En créant l'association, le but était de aussi de choisir qui finance l'ONG, les projets mis en place et d'avoir une vue d'ensemble sur les projets.

Aux Philippines, avec la présidente de l'ONG, un premier projet de sensibilisation aux risques climatiques et humains est mené. « Nous avons organisé des ateliers pour les enfants, sur fonds propres. Puis on a posé les premières pierres du projet « Mangroves et développement urbain », destiné à assister le gouvernement local dans sa planification urbaine, mais aussi à réhabiliter une nurserie horticole pour cultiver localement des mangroves, plantes permettant d’améliorer la protection côtière de la ville », détaille Raoul Robert. En 2016, deux stagiaires sont partis à leur tour durant cinq mois aux Philippines afin de poursuivre le projet.

Développer l'ONG

En Argentine, un autre projet est en cours, grâce aux contacts noués sur place par le passé.

« C'est là que nous avons trouvé notre premier partenaire officiel, Otromodo, avec lequel nous développons le projet « Les maisons qui poussent », qui a pour vocation de pérenniser des ateliers de formation à l’auto-construction en terre pour permettre aux plus démunis d’améliorer par eux-mêmes leurs conditions de logement et à renforcer la société civile locale face aux enjeux de la pression foncière ».

En parallèle, il a fallu récolter les premiers deniers, ce qui n'est pas chose facile quand on n'est pas connu. « La recherche de fonds, c'est le plus compliqué car nous démarrons et les subventions publiques sont en baisse dans le domaine de la solidarité internationale. Nous recherchons donc du mécénat, et nous devons montrer des gages de confiance. C’est dans ce cadre que l’association Cap Solidarités nous soutient par exemple, en nous aidant à la rédaction de dossiers de demande de financements, ou encore en nous conseillant de manière pratique sur les outils à mettre en place pour gérer nos projets » conclut Raoul Robert.

Pour l'heure, l'ONG cherche à se faire connaitre, par exemple en se rendant à des événements associatifs comme le salon des Solidarités, ou encore la COP 21, au cours de laquelle les bénévoles de SEED ont animé des ateliers de sensibilisation du public par rapport à la protection de la biodiversité au sein de l’espace Solutions COP 21 au Grand Palais à Paris.