Peut-on devenir le futur Zuckerberg tout en ne séchant pas les cours, en ne ratant pas les soirées de promo et en assurant au final l’obtention du diplôme ?

La réponse est souvent oui, mais est toujours conditionnée au bon niveau de motivation du candidat. Entretien avec Mathias Depretz, chef de projet Hubhouse à l’université de Lille 2, qui nous explique comment on peut concilier sa vie d’étudiant et son projet de création d’entreprise ou d’association.

Au Hubhouse de l’Université de Lille 2 (Droit et Santé), Mathias Depretz voit défiler beaucoup d’étudiants. Tous partagent le même goût d’entreprendre et l’envie de faire un peu plus que pointer présent à l’entrée de l’amphi. « Certains veulent créer des associations d’étudiants, d’autres se lancer dans le caritatif, explique le chef de projet Hubhouse à Lille 2. Mais beaucoup, je dirais près de 60%, sont déjà dans l’esprit de créer leur activité, de dessiner sur mesure leur emploi pour la sortie de l’université ».

« Il faut trouver son rythme. Et c’est parfois là l’occasion de tester ses limites »

Ces futurs diplômés poussent la porte du Hubhouse dans l’idée de venir chercher un accompagnement et des interlocuteurs de proximité pour poser leur idée sur de bons rails, parce qu’ils ne savent pas toujours par où commencer. Certains viennent là sans même avoir encore l’idée : « Ils savent juste qu’ils ont envie de créer leur activité ou de s’impliquer et ont besoin qu’on les aiguille, étape par étape vers la concrétisation ». Quel que soit le degré d’avancement du projet, c’est au final la détermination de l’étudiant qui fixera naturellement le rythme dans la construction du dossier.

Mais entre les heures de cours, le job qui sert à arrondir les fins de mois, les retours le week-end chez les parents et les soirées débridées entre potes de promo, trouver du temps pour créer son entreprise ou s’impliquer dans une asso peut relever du défi épique. Concilier entrepreneuriat et vie d’étudiant, Mathias Depretz, l’affirme : « C’est tout à fait possible ». Ce n’est pas forcément gagné d’avance ni une promenade de santé, mais c’est clairement jouable. « Il faut trouver son rythme. Et c’est parfois là l’occasion de tester ses limites. Certains ont ça dans le sang, et d’autres se cherchent encore. Aussi, tous les étudiants ne se fixent pas les mêmes délais ».

Etudiant-entrepreneur, un statut qui séduit de plus en plus

Le Hubhouse, qui accompagne et met les étudiants en relation avec les bons interlocuteurs, est aussi là pour rassurer. Après tout, on a tout le temps des études et même encore si besoin deux ans au-delà de la date d’obtention du diplôme pour monter son projet et garder sa couverture sociale d’étudiant. « Si certains veulent aller très vite et sont même prêts avec leur entreprise avant le diplôme, d’autres s’inscrivent dans un cycle plus long. On note par ailleurs que le statut d’étudiant-entrepreneur trouve de plus en plus d’adeptes. L’an dernier, ils étaient déjà une petite dizaine rien qu’à Lille 2 ».

Si ces projets durant le cycle des études peuvent entraîner quelques sacrifices dans l’agenda ou raccourcir pour certains la durée moyenne des nuits, ils sont, à en juger par l’expérience de Lille 2, souvent soldés par des succès aux examens et dans la « vie d’après ». Selon Mathias Depretz, les success stories ou projets très prometteurs ne manquent pas : « En fac de droit, je sais qu’un étudiant a créé pendant ses études un cabinet d’études socio-politique en Guinée. En fac de sport, un athlète de haut niveau a réussi à rester dans la compétition, a finir son diplôme et à monter sa marque de vêtements de sport ! En pharmacie, certains sont en train d’inventer un outil informatique à destination des laboratoires pharmaceutiques… ».

Alors à la question si il est possible de concilier projet entrepreneurial, vie étudiante et vie sociale en général, la réponse semble évidente.