Dans le cadre du dispositif « J’apprends en entreprise » (BGE), des élèves de Béthune sont initiés aux joies et peines de la création d’entreprise. Rencontre avec Ludivine Charbit, enseignante au Lycée Saint-Dominique à Béthune.

Ils ont un petit 15 ans, ne savent encore que très rarement ce qu’ils feront de leur vie et quelle note ils seront capables de décrocher au bac blanc, mais déjà, ils se glissent dans la peau de patrons et apprennent à développer leur esprit entrepreneurial. Ils sont en seconde, du lycée St-Dominique à Béthune et ont choisi l’option « J’apprends en entreprise ». Paroles de Ludivine Charbit, une prof pas tout à fait comme les autres.

" Un exercice total et formateur "

Tous les 15 jours et pendant 1h30, ces néo-lycéens de Saint-Dominique à Béthune jouent aux apprentis patrons et se glissent dans la peau de jeunes créateurs de start-up. Certains nourrissent déjà l’espoir de devenir des Zuckerberg et d’autres découvrent tout simplement tout des joies et peines de la création d’entreprise. Ludivine Charbit, missionnée par la BGE Hauts de France, est leur prof de PFEG, Principes Fondamentaux d’Economie et de Gestion.

Son rôle ? Leur donner le goût d’entreprendre et les clés pour réussir virtuellement. « On demande aux à des petits groupes d’élèves d’imaginer une entreprise et de la monter de A à Z, explique Ludivine Charbit. Ils doivent trouver l’idée, réaliser une étude de marché, trouver les financements et simuler le tout en passant devant un jury. Bref, c’est un exercice total et terriblement formateur ». A différents moments dans l’année, les élèves participent à des rencontres avec des chefs d’entreprise. De vraies séances de démystification : « eh oui, tous les patrons ne roulent pas sur l’or et attendent parfois des mois avant de se verser un salaire… »

Eh oui, il y a une vie après le lycée

Sur les projets, l’enseignante est à chaque fois étonnée de réaliser à quel point les adolescents sont inventifs. « Ils ont de l’énergie mais aussi des idées à revendre, poursuit cette prof un peu à part. A titre d’exemple, j’ai cette année un groupe qui a eu l’idée d’inventer un nouveau type de vidéoprojecteur pour téléphone portable. Un autre est en train d’imaginer une application mobile pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Je trouve ça très ingénieux. Imaginez qu’en scannant ses courses, on se retrouve avec une notification nous signalant que c’est le dernier jour pour manger ses yaourts. Nous en sommes à la moitié de l’année et l’étude de marché est déjà bien lancée ».   

Alors que l’attention des lycéens en classe est une forme de graal inaccessible, Ludivine Charbit savoure sa chance et son plaisir de mener des cours qui eux rencontrent à coup sûr une majorité de suffrages positifs. « Ils adorent ça et sont le plus souvent captivés par ce projet d’entreprise fictive. Ils en oublient même qu’ils sont à l’école et ne voient pas ces heures comme des heures de cours classique. Même s’ils ont toujours un peu plus de mal avec la partie financière de leur projet, les élèves apprécient cette forme d’incitation à l’ouverture d’esprit. Pour eux, se dire qu’il y a une vie après le lycée, c’est crucial ».