L’envie d’agir pour les autres au sein d’une association n’est pas qu’un engagement de retraité.

En France, plus d’un jeune sur cinq (21% des 18-24 ans) est bénévole dans une ou plusieurs associations. Jade, Lilloise de 21 ans, en fait partie. Pendant sa licence en psychologie, la jeune étudiante s’est rendue une fois par semaine à la maison d’arrêt de Sequedin pour donner des cours d’anglais aux détenus volontaires. Rencontre…

S'engager pour apprendre

S’engager et donner du temps pour les autres sans rien attendre en retour, ce n’est pas qu’un moyen de se donner bonne conscience ou de redorer son cv. Nous avons déjà eu sur le site de La suite dans les idées l’occasion d’évoquer les dispositifs aidant les projets solidaires. S’engager, c’est souvent une expérience enrichissante et dont les bénéfices peuvent avoir un impact sur le reste de votre vie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 14 et 18 millions de Français sont bénévoles.

Transmettre ses connaissances

Jade Lamand, une Lilloise de 21 ans, fait partie de ces millions de jeunes à pouvoir en témoigner. Pendant son année de licence en psychologie à Lille 3, l’étudiante s’est engagée pour les autres, bénévolement. Pour aider mais aussi pour s’épanouir et enrichir son expérience. A raison d’une heure par semaine, la Lilloise a sorti ses vieux cours de langue du lycée pour franchir l’impressionnante porte de la maison d’arrêt de Sequedin. Sa mission ? Donner des leçons d’anglais à des détenus volontaires pour rejoindre les bancs de l’école de la prison.

Bénévole à l'association Génépi

« Je n’ai pas choisi cet engagement au hasard, explique la jeune étudiante. Je voulais faire quelque chose pour les autres, mais je voulais que cela m’apporte humainement aussi. Si j’ai fait psycho, c’est bien dans l’idée d’exercer plus tard en milieu carcéral. C’est un choix difficile et pas anodin. Alors, plutôt que de courir le risque d’arriver à la fin de mon master en réalisant que je me plantais, j’ai préféré tester et vérifier avant ».  Chaque semaine, de septembre à mai dernier, Jade s’est donc jointe aux rangs des autres bénévoles de l’association Génépi pour aller donner de son temps à ceux qui n’ont, derrière les enceintes de béton, plus qu’une télé en cellule en guise d’ouverture vers le monde. Les premières fois pour Jade auront été marquantes : « Je me souviens être restée longtemps devant la porte de la prison. J’avais une peur bleue. On se fait une idée assez folle de l’intérieur de la prison quand on n’y est jamais allé. Au final, mes appréhensions ont vite disparu. Je n’ai rencontré que des détenus vraiment gentils et très respectueux ».  

Les relations humaines

Une leçon de vie que Jade ne s’imaginait pas vivre si vite. « J’ai assez rapidement réalisé que ma mission irait au-delà de « Where is Bryan ? ». Les détenus étaient plus là pour parler, se consoler et échanger que pour devenir bilingues. Et c’est en cela que j’ai beaucoup appris », souligne l’étudiante. Jade en sait aujourd’hui plus sur la vie en prison et sur la façon dont ses habitants y envisagent leur séjour. Elle a aussi beaucoup appris sur les relations humaines, le sentiment d’isolement et de solitude. Des enseignements majeurs et inestimables quand on se destine au métier de psychologue. L’étudiante n’a aujourd’hui plus le moindre doute sur son ambition professionnelle et trouve donc par cet engagement une forme d’encouragement et de premier pas particulièrement appréciables. Mieux, elle s’est même facilité le cursus en décrochant dès son année de licence un stage en maison d’arrêt de Sequedin pour son année en master. Une longueur d’avance qui lui évitera les habituelles courses au stage qui affolent nombre d’étudiants en dernière année. Jade a déjà obtenu ses 250 heures de prison ferme pour son année 2016-2017. Bon plan total le bénévolat !