Monter un projet et développer son entreprise, c’est toute une discipline et c’est du sport. Mais n’allez pas comparer ça à un honorable tournoi de pétanque ou une toute aussi respectable exhibition de curling. Le marathon est de loin l’épreuve sportive qui possèdera avec la création d’entreprise le plus de points communs. Dans l’avant, le pendant et l’après, courir loin et longtemps, voilà le quotidien des entrepreneurs.

1 - L’entraînement

Aucun marathonien, même très doué, ne s’est lancé dans ses 42.195 km du premier coup sans avoir testé d’abord son corps et son souffle sur d’autres distances. Il en va de même pour la création d’entreprise qui impose une phase de préparation en amont des plus rigoureuses. Cela consiste à bien peser sa compétence de futur entrepreneur, à éprouver dans le cadre professionnel ou personnel ses capacités à mener un projet et des équipes, à résister à la pression et à tenir un cap.

Faire travailler ses muscles pourra dans cette comparaison se résumer par exemple à trouver des fonds. Faire des simulations de budgets, tester ses présentations au client sur des amis, collègues, experts et ou homologues, réaliser des mises en situation et prévoir des plans pour chaque imprévu envisageable… c’est la clé. Dans sa préparation, le marathonien monte en puissance et court des 10, puis 15, puis 20 et 30 et 40 kms. Avant de se lancer dans un projet, le rétroplanning sera lui aussi de rigueur.

2 - Le repérage

L’une des phases essentielles de l’entraînement au marathon consiste à visualiser le parcours en question (plats, montées, descentes, exposition aux vents, types de revêtement…). Ce travail de repérage s’avère encore plus essentiel dans l’avant-création d'activité.

L’indispensable étude de marché s’apparente parfaitement au marathonien qui va fouler le circuit de la course plusieurs fois avant le jour J. En plus de peser l’opportunité du marché, l’entrepreneur va devoir observer ses concurrents, en connaître les points forts et points faibles, et anticiper les points de difficultés qui vont ponctuer son parcours.

3 - Le suivi de performances

Tout bon runner possède une application sur son smartphone ou sa montre qui lui permet de dresser un bilan de ses performances, de lui indiquer à quel point du parcours il a flanché, à quel rythme il se sentait à l’aise…

Le porteur de projet doit s’équiper d’outils semblables et comprendre où ses profits sont garantis et où ils tendent, à l’inverse, à rencontrer des difficultés. L’autoscanner est indispensable à toute rédaction de stratégie d’entreprise.

4 - La gestion de l’endurance

Se placer dans le peloton de tête dès le départ de la course est un point capital pour éviter d’avoir à redoubler d’efforts pour atteindre le podium. Même similitude dans le monde de l’entreprise où le moindre retard à l’allumage se paie dès le premier exercice financier. Le reste est affaire d’endurance. Toute la difficulté consiste à traverser avec le plus de sérénité possible cette période d’éventuelle stagnation ou d’atonie dans les résultats de l’entreprise.

Certains débutants tombent dans le piège de la précipitation et veulent trop vite se développer. Au même titre que le bon marathonien est celui qui saura à quel moment accélérer ou maintenir une allure, l’entrepreneur doit apprendre à savoir patienter, attendre dans le mouvement et saisir une opportunité pour doubler un concurrent. Si l’entrepreneur voit trop vite trop grand, investit, ouvre des nouveaux secteurs, il peut noyer son business. Même destin s’il manque l’occasion de gagner une place dans le marché…

5 - La ligne d’arrivée n’est pas la fin

Les plus grands coureurs de marathon le disent, s’arrêter et se reposer, c’est perdre. Un bon classement au marathon de Boston ne doit pas être une fin en soi. Idem pour les entrepreneurs qui ne doivent jamais considérer qu’une fois les objectifs de chiffre d’affaires atteints, il suffit de laisser courir la mécanique de la société.

Le marathonien voudra un meilleur temps et se préparera à l’arrivée de nouveaux défis sur de nouveaux circuits avec de nouveaux concurrents au départ.

L’entrepreneur partage cette culture de « et maintenant, quoi ? ».

Sources :

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