Un plan national lancé en août 2013 vise à augmenter de 40% le nombre de femmes chefs d’entreprise. Mais pour l’heure, la part des femmes dans le très fermé cercle des patrons ne flirte qu’avec les 30%*. A l’occasion de la semaine de sensibilisation ...

C’est indéniable, les hommes renâclent encore à l’idée de placer des femmes à la tête des entreprises. Et celles-ci restent encore plus frileuses quand il s’agit de passer à l’étape de la création d’entreprise. Les femmes créatrices d’entreprises demandent moins et obtiennent moins. C’est dans ce décor que nous nous prêtons au jeu d’une petite sociale fiction, un monde dans lequel tous les dirigeants d’entreprises ne seraient que des femmes… Attention, cet exercice de simulation peut présenter, comme la situation réelle, des exemples flagrants de stéréotypes sexistes et absurdes…

La douceur après un monde de brutes ?

Nous sommes en mars 2020, en France, mais cela pourrait aussi être en Europe ou dans le monde entier. La présidente de la République rassemble les plus grands chefs d’entreprise du pays pour discuter des tendances de l’économie française repartie dans le vert. Il n’y a que des femmes autour de la table. La patronne d’une chaîne de produits culturels milite pour le droit de travail des robots. Une chef d’industrie annonce l’installation prochaine d’un programme de promotion pour la place des hommes dans les cercles de décision. Les organisations syndicales sont présentes, mais le ton est serein et le dialogue constructif. Des idées ne passent pas bien, mais ni insultes ni faits de violences ne viennent émailler la rencontre. La présidente du FMI et la patronne du Medef se sont jointes à la réunion, mais aucun syndicat n’a cherché à leur barrer le chemin vers l’entrée de l’Elysée. En termes d’image, les conséquences médiatiques auraient été terribles si l’on avait vu un délégué du personnel homme s’imposer et retenir par la force la dirigeante de l’usine de pneus français qui devait participer à la réunion. La ministre de l’économie a aussi détaillé le contenu de son plan  de rééquilibrage des pouvoirs hommes-femmes et visant l’instauration d’un quota minimal d’hommes à intégrer dans les équipes de direction des entreprises de plus de 50 salariés.     

Des salaires hommes-femmes symétriques

Nous sommes en mars 2020 toujours. La dernière enquête de l’INSEE sur les revenus des Français vient de sortir. Plus aucun écart de salaire n’est observé entre les hommes et les femmes du secteur salarié. Qu’ils soient de sexe masculin ou féminin, ouvriers qualifiés, cadres moyens, cadres supérieurs et chefs d’entreprises affichent des niveaux de rémunération égaux. Les écarts connus dans le passé ont disparu. En revanche, l’enquête relève que les montants d’indemnisations dans le cadre des congés maternités ont été multipliés par cinq en deux ans tandis que ceux des congés paternité sont restés inchangés.

Egalité hommes-femmes, un combat hors contexte

Mars 2020, encore et toujours. Les collectivités territoriales ont décidé de réaffecter les fonds jadis destinés à soutenir l’action d’association et structures de sensibilisation à l’égalité hommes-femmes au travail à des actions sociales dans le secteur de la petite enfance.

Mme Zuckerberg interdit les images dégradantes de femmes sur Facebook

Mars 2020, nous sommes en Californie. Rachel Zuckerberg, patronne du réseau social Facebook, s’associe à Jennifer Cook, CEO d’Apple, pour interdire sur facebook mais aussi sur « what’s app » et une série d’apps Apple, toute forme d’image, vidéo ou publicité présentant la femme sous un aspect socialement ou sexuellement dégradant.  La CEO d’Apple en a profité pour rassurer dans le même temps ses clients quant au design du futur iPhone 8. Celui-ci n’existera pas qu’en version rose comme le laissaient entendre les dernières rumeurs et fuites organisées par la ligue de protection des droits masculins (LPDM).

Trêve de clichés et retour au mois de mars 2016 de notre dimension. La réponse est bien entendu dans l’équilibre et la nuance. Limiter les écarts de traitement et de chances entre les hommes et les femmes ne conduit pas nécessairement à un autre extrême. Ce genre de projections volontairement caricaturales aura au moins le mérite de relancer les réflexions. Car il semble qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir…

Pour prolonger le débat, rendez-vous du 7 au 12 mars 2016 pour la semaine de sensibilisation des jeunes à l’entrepreneuriat féminin