Filières en sciences humaines, degré zéro de l’entrepreneuriat ? Peut-on devenir entrepreneur lorsqu’on suit des études de droit ? La réponse est oui. De plus en plus d’ étudiants envisagent la création d’entreprise après leurs études? Entretien avec...

Quel est ton parcours ?

Après avoir passé mon Bac français en Belgique, je suis partie à Londres pour entamer un double-diplôme de droit franco-anglais. Puis je suis allée 2 ans à la Sorbonne où j’ai obtenu mon M1. Mais au final, je n’avais aucune envie de continuer dans le droit. Je suis donc partie pendant un an au Vietnam, où j’ai travaillé comme prof d’anglais. Pendant que j’y étais, j’ai candidaté pour le M2 Entrepreneuriat et Management de l’Innovation (EMI) à l’IAE de Lille. Mon dossier a été retenu, en septembre je passais en entretien, et quelques jours plus tard le M2 commençait !

Pourquoi avoir choisi le droit ?

Après mon bac, je n’avais absolument aucune idée de ce que je voulais faire. J’étais ambitieuse et j’avais de bonnes notes, mes parents m’ont orientée vers le droit, en disant que de toute manière, « le droit ouvre toutes les portes ». Sauf qu’après 4 ans, j’étais convaincue que le droit n’était vraiment pas fait pour moi. J’avais besoin de plus de fantaisie !

 

Pourquoi ce changement de situation ? Quel a été le déclic ?

Le déclic s’est fait pendant un stage en droit des affaires dans un grand cabinet d’avocats parisien. Je pensais que le métier d’avocat m’intéresserait davantage  que les études en droit, qui sont très théoriques. Sauf qu’en stage, c’était la catastrophe : on travaillait non-stop sur des dossiers qui ne parlaient que d’argent. Les avocats étaient stressés. C’est à ce moment-là que j’ai eu le déclic : le droit n’était vraiment pas ma tasse de thé.

Tes voyages ont-ils étaient un avantage dans la construction de ton projet? 

Mes voyages m’ont permis de réfléchir au type d’entreprise que je voulais monter, et m’ont rendue beaucoup plus courageuse,et du courage, il en faut pour lancer sa boite ! Au Vietnam, j’ai conduit une moto pour la première fois, dans le trafic Saïgonnais, j’ai aussi tué une araignée de la taille de mon poing… à côté de ça, monter son business, ça allait être du gâteau !

Comment est venue l’idée de ton projet ?

L’idée du café-chien « Waf » est d’abord partie d’un constat : les français aiment les chiens mais peu d’entre eux en ont un chez soi,et en particulier dans les grandes villes comme Lille, carun chien nécessite de la place, du temps pour le promener, un budget considérable en frais de véto et croquettes… Je me suis donc demandé comment permettre à ces fans de canins de profiter de la compagnie de chiens, sans se soucier des contraintes associées ?

En parallèle, les bars à chats se développaient partout en Europe, avec un succès phénoménal. Or, personne n’avait encore décidé de lancer l’équivalent canin, alors que le chien est l’animal préféré des français.

Je savais que lancer ce type de projet serait une super aventure, j’adore les chiens et visiblement, j’avais la fibre entrepreneuriale. J’ai donc  sauté le pas.

Qu’ont apporté tes études dans ton projet ?

Mes études en droit m’ont apporté une certaine rigueur et une méthode de travail. Par contre, le M2 EMI m’a donné les connaissances nécessaires pour me lancer, et le courage pour le faire.

Comment ton entourage a-t-il réagi face à ce choix ?

Au début, ils étaient un peu sceptiques :c’est vrai que c’est plus rassurant de se dire que sa fille va être avocate que « gérante d’un café-chiens ». Convaincre ma famille n’a pas été facile. Mais au fur et à mesure de l’avancement du projet, ils ont vu que ce n’était pas juste un projet fantaisiste, mais une future entreprise ambitieuse, rentable, et qui avait toutes ses chances de réussir. Maintenant, ils me soutiennent et sont presque aussi enthousiastes que moi à l’idée de lancer le premier café-chiens d’Europe !

Un conseil pour ceux qui sortiraient comme toi de droit ou même de sciences humaines et qui hésiteraient encore à se lancer ?

S’il faut en choisir un, c’est de bien s’entourer : écouter les conseils des personnes qualifiées, mais aussi ne surtout pas écouter les autres ! Vous verrez, en vous lançant, tous vos proches vont vouloir vous conseiller (et souvent vous décourager), alors qu’ils n’y connaissent pas grand-chose. Il faut aussi faire une étude de marché sérieuse pour vérifier que votre concept trouvera bien un public. Dans le monde de l’entrepreneuriat, vous allez rencontrer des personnes très qualifiées dans votre domaine, et celles-là, écoutez-les, ne vous mettez pas des œillères, parce qu’elles pourront vous apprendre beaucoup.

Retrouvez le projet d’Ophélie ici : https://lewaf.wordpress.com/