Ce n’était pas inscrit dans leur CV d’origine, mais ils ont osé entreprendre

On peut ne pas avoir le bac et être un serial entrepreneur dans l’âme. On peut avoir fait des études dans le textile et se retrouver DG d’une grande société d’informatique. Vous l’avez compris, un même diplôme n’ouvre pas forcément les mêmes voies. Ces chefs d’entreprises de la région ont accepté de nous partager le contenu de leur CV.  

Bernard Arnault, un Roubaisien qui à la sortie de Polytechnique aurait pu se contenter de rester toute sa vie à la tête de la boîte de son père. Mais il a voulu bâtir de lui-même et prendre, comme des millions d’autres à des échelles différentes, des INI-TIA-TIVES pour devenir le patron de LVMH, industrie du luxe mondialement reconnue. C’est justement parce qu’il est important de réunir autour de l’esprit d’entreprendre, que trois chefs d’entreprise ont accepté de nous ouvrir leur cv. Pour montrer que tous les chemins peuvent mener à la création d’entreprise. Pour rappeler aussi que les chemins ne se présentent que très rarement comme des lignes droites sans mur ni virage…

1 « Je n’ai même pas le bac, j’ai connu le chômage et aujourd’hui je suis entrepreneur »    

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Jean-Michel Hadjadj, Lyonnais d’origine et nordiste d’adoption, est passé de l’informatique à l’immobilier et a toujours rebondi de projet en projet, de business en business. Celui qu’il a lancé depuis 2013 est aujourd’hui en pleine expansion. Il faut dire que ce chef d’entreprise de 43 ans a eu la lumineuse idée de se lancer dans le conseil, la vente et l’installation d’éclairages LED pour les pros et les particuliers. Mais avant de donner naissance à Relamping Service Led, Jean-Michel Hadjadj a multiplié les expériences, réussites comme échecs. Et quand on lui demande de parler de son cv, un point émerge d’emblée : « Eh oui, je n’ai pas le bac et je suis pourtant mon propre patron aujourd’hui ».  Jean-Michel Hadjadj a quitté le circuit des études généralistes dès la 3ème . « Je suis parti en BEP électrotechnique un peu comme ça et puis j’ai fini mon CAP. Il y a eu des petits boulots et puis, de retour de l’armée, j’ai passé des niveaux de qualification supérieure pour avoir l’équivalent d’un bac pro ». Le Nordiste d’adoption s’est donc retrouvé dans l’informatique et a pendant plusieurs années travaillé dans la maintenance de réseaux. « J’ai tenté de créer ma boîte dans l’informatique, mais je n’étais pas prêt, pas mature et cela a échoué ». Jean-Michel a refait un peu d’informatique, puis a rencontré une connaissance qui l’a embarqué dans l’immobilier pour en faire un négociateur. « Je suis parti faire un peu d’immo au Maroc et à mon retour, je me suis retrouvé sans emploi ». Pendant près d’un an de chômage, Jean-Michel Hadjadj a réfléchi et laissé murir son idée de relancer à nouveau sa propre activité. Une nouvelle rencontre l’a aidé à trouver son chemin vers les LED. Et depuis trois ans, sa nouvelle entreprise tourne et voit sa courbe de croissance grimper. « Si j’avais un conseil à donner aux jeunes qui voudraient se lancer, c’est celui de toujours se faire aider. Car il existe de super structures pour vous accompagner, vous permettre de vous mettre sereinement le pied à l’étrier. Après, il faut crapahuter tous les jours ».

2-Il aurait pu rester dans le textile, mais il voulait voler de ses propres ailes

C’est un autre Lyonnais d’origine et lui aussi nordiste d’adoption qui s’est prêté au jeu du « voici ce que vous trouverez sur mon cv ». Frédéric Naudin est le directeur général de VARIOPOSITIF, une entreprise d’ampleur nationale qui emploie aujourd’hui plus de 90 personnes. VARIOPOSITIF est ce que l’on appelle intégrateur d’ERP, c’est-à-dire qu’il accompagne les entreprises dans l’implémentation et l’appropriation de progiciels de gestion.  Mais, rien le ne prédestinait à cette place et ce secteur. « Je suis un matheux. Après mon bac, je suis allé un peu par défaut en Maths Sup et puis je me suis retrouvé un peu par hasard en école d’ingénierie textile. Une erreur de casting, mais bon…. » C’est donc assez naturellement que Frédéric Naudin se retrouvera les premières années de sa vie active au sein d’une entreprise textile, comme ingénieur de production. Mais les perspectives dans le secteur ne se montraient pas rassurantes et ont donc amené Frédéric sur les chemins de l’informatique. « J’ai quitté mon job pour devenir consultant et ingénieur d’affaires. Et très vite, l’envie de créer ma propre entreprise est apparue. Avec un associé, on a racheté l’entreprise pour laquelle on travaillait ». Il y a quelques années, l’entrepreneur se voyait encore ailleurs, plus loin et seul : il a revendu et s’est à nouveau lancé à son propre compte avec l’idée de créer des sites internet pour des aérodromes et aéroclubs, l’homme étant passionné par l’aviation. « Cela tournait bien, et puis j’ai revendu pour redevenir salarié dans un grand groupe qui voulait me faire confiance. Ce groupe a évolué pour devenir une grande société, VARIOPOSITIF, dont je suis aujourd’hui le DG ».  Frédéric Naudin avait 30 ans quand il s’est lancé à son compte pour la première fois. « Un conseil que l’on pourrait donner à tous ceux qui hésiteraient à devenir entrepreneur : il faut avoir un peu de folie en soi et la cultiver. Il faut croire en ses idées et oser risquer un peu. Et surtout se tromper. Car si je devais remettre à jour mon CV aujourd’hui, je crois que je mettrais encore plus en avant ma passion, celle d’entreprendre, et les erreurs qui m’ont permis d’apprendre ».

3- Frédérique Grigolato : sa crise de la quarantaine ? Une envie d’entreprendre !

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Frédérique Grigolato avait une carrière toute tracée dans la grande distribution, mais à 40 ans tout juste tombés, l’envie d’ailleurs, la soif de liberté… elle a tout quitté pour créer sa propre affaire. Un parcours qui n’était pas forcément inscrit d’avance sur son cv. Son curriculum, l’entrepreneuse nous en parle justement.  « J’ai fait mes études secondaires à Lille, j’ai passé un bac scientifique et puis suis partie en classe préparatoires. J’y ai appris la méthode de travail. C’est très formateur. Ensuite, j’ai fait le CERAM, ce qui est devenue aujourd’hui la business school Skema ». Voilà pour les diplômes qui lui ont d’emblée ouvert les portes de la grande distribution dans laquelle Frédérique va rester et briller de longues années. « J’ai commencé comme chef de rayon électroménager chez Auchan. L’avantage avec Auchan, c’est qu’avec de petites responsabilités, on apprend beaucoup, et on se comporte un peu comme de petits entrepreneurs.  Je suis ensuite passée à la centrale d’achats internationale avant de migrer vers Castorama dans des fonctions plus ou moins similaires ». Une belle progression, d’autres promotions allaient suivre, mais le gong des 40 ans résonnait encore que Frédérique Grigolato a eu comme un déclic : « je l’avais en moi depuis longtemps, je voulais créer mon entreprise ». Ainsi est née Clic and Walk,  une société très innovante de crowd marketing. Le principe est génial : créer une immense communauté de consommateurs pour recueillir un maximum de data et d’informations directement tirées du terrain et de la cible finale.  L’entreprise de Frédérique Grigolato augmente depuis 2013 son nombre de clients, et réussit des levées de fonds spectaculaires. La chef d’entreprise a surtout été récompensée en mars 2015 par l'observatoire Netexplo et l'Unesco, qui a classé Clic and Walk parmi les dix start-up les plus innovantes au monde ! « Et tout cela n’était pas inscrit à l’avance sur mon cv. Aujourd’hui, si je voulais ajouter quelque chose à mon cv, j’essaierai d’y mettre l’avenir que je souhaite à notre équipe : devenir le leader mondial du crowd marketing ».